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Numéro 2, 2022 : L'Afrique et le monde à l'heure virale.

Désaugmentation

Désaugmentation

Élise Fitte-Duval

Rubrique - Global Africa N°2

Fil iconographique

Citation

Fitte-Duval, E. (2022). Dés-augmentation (Version V0). Global Africa.

Fitte-Duval, Elise. Dés-Augmentation. V0, Global Africa, 2022.

Pages  - 

Iconographie

Date de sortie  - 

16 décembre 2022

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En Français

Le corps est mon point de départ pour penser notre rapport au vivant. Je tente d’aborder les faits sociaux par la trace qu’ils laissent dans le corps, comme une expérience subjective qui fait partie de la construction de notre monde. Il s’agit de traiter l’idée que l’espace que nous occupons, dans lequel nous circulons, interagit en permanence avec nos corps en mouvement. Le corps, point de contact entre l’homme et le monde, est à mi-chemin entre une intériorité et l’extériorité qui l’englobe ; ainsi est-il le lieu fondamental d’une rencontre, celle que l’humain fait à chaque instant avec les autres et l’univers. Lorsque je ne peux pas photographier d’autres personnes, je me tourne vers mon environnement immédiat, qui est la ville. Je suis donc un corps en relation qui photographie le vivant. Si « le corps nègre » est le premier théâtre d’opérations, alors je me situe dans la droite ligne des préoccupations artistiques du monde caribéen qui m’a forgée : l’être et le lieu, le corps (du point de vue de la redéfinition de son image, mais aussi le corps en tant que véhicule narratif). Pourquoi la ville et le corps ? Parce que, comme le philosophe Denetem Touam Bona le dit : « Il existe un rapport intime entre la manière dont une société traite ses milieux de vie et ce qu’elle fait de ses rêves. » Dakar est une ville fascinante, bouillonnante, mais aussi effrayante, telle une expression de ce vers quoi nous conduit notre modernité. Le boom que vit Dakar est le symbole même de la marchandisation intégrale du vivant et de l’uniformisation des modes d’existence. Notre activité humaine, destructrice au nom du développement capitaliste, me préoccupe. Selon Henri Laborit, l’urbanisation renforce les capacités d’accroissement du profit et de consolidation de la structure socio-économique. La ville constitue un milieu essentiellement propice à la production, à la promotion, puis à la diffusion de biens de consommation, sous couvert du mythe de la satisfaction des besoins et de l’accès au bonheur pour tous. C’est une forme d’aliénation qui conduit à la fuite en avant. Partant de cette définition, j’essaie de trouver dans l’image, avec le corps, une poétique associée à la spatialité.

Mots-clés :

In English

The body is my starting point for thinking about our relationship with the living. I try to approach social realities through the marks they leave on the body, as a subjective experience that is part of the construction of our world. I try to deal with the idea that the space we occupy, in which we circulate, permanently interacts with our bodies in movement. The body, the point of contact between humans and the world, is halfway between the interiority and exteriority that it encompasses. Thus, it is the fundamental place of an encounter, the one that humans have at every moment with others and the universe. When I cannot photograph other people, I turn to my immediate environment, the city. I am therefore a body in relation that photographs the living. If «the Black body» is the first theatre of operations, then I am in line with the artistic preoccupations of the Caribbean world that forged me: being and place, the body (from the point of view of the reconstruction of its image, but also the body as narrative medium). Why the city and the body? Because, as the philosopher Denetem Touam Bona says: «There is an intimate relationship between the way a society treats its living environments and what it does with its dreams. Dakar is a fascinating, bubbling, but also frightening city, an expression of where our modernity is leading us. The urban boom in Dakar is the very symbol of the total commodification of life and the homogenisation of lifestyles. Our human activity, destructive in the name of capitalist development, concerns me. According to Henri Laborit, urbanisation strengthens the capacity to increase profit and consolidate socio-economic structures. The city is an environment that is essentially conducive to the production, promotion and distribution of consumer goods, under the guise of the myth of satisfying needs and providing access to happiness for all. It is a form of alienation that leads to a flight into the future. Based on this definition, I try to find in the image, with the body, a poetics associated with spatiality.

Keywords :

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